Il s'agit d'un des genres d'abeillles sauvages les plus diversifiées en France (avec le genre Lasioglossum), avec ~180 espèces répartis en 38 sous-genres.
Leur identification est délicate. Une détermination certaine requiert pour la plupart des espèces, une collecte des spécimens et l'utilisation d'une loupe binoculaire.
Andrena Andrènes
- Famille
- Andrénidés (Andrenidae)
- Étymologie
Du grec anthrênê (ἀνθρήνη) qui signifie « frelon, guêpe, abeille sauvage » et qui a aussi servi à désigner les Anthrènes (Coléoptères).
- Diversité du genre
~180 espèces en France[1] actuellement réparties en 38 sous-genres (+1 non décrit)
- Ressources et clés de détermination
Pour l’heure, il n’existe pas de référence publiée pour la détermination de ce genre, il est nécessaire d’utiliser différentes publications sur les faunes des pays voisins[2–4]. Une clé d’identification des espèces françaises est en cours de création par Noé Barbier Chabot, dont une version préliminaire est accessible en supplementary data de cet article[5].
Comment reconnaître le genre ?
Silhouette et taille
Abeilles petites à grosses (6-16mm) plutôt allongées avec l’abdomen aplati. Leur cuticule est sombre, rarement à légers reflets métalliques, parfois partiellement rouge sur l’abdomen et parfois marquée de jaune sur la face des mâles. La pilosité de l’abdomen est généralement réduite, mais parfois longue, avec ou sans bandes de poils sur la marge des tergites.
Critères de diagnose terrain et binoculaire
Les femelles se reconnaissent à la présence de dépressions recouvertes de poils sur les côtés de la face appelées fovéas, généralement bien visibles même si parfois difficilement distinguables. Les tibias postérieurs portent une scopa pour la récolte du pollen avec souvent également des corbicula sur les côtés du propodeum, le trochanter postérieur porte une dense touffe de poils recourbées appelée flocculus. Toutes les espèces possèdent trois cellules cubitales (=sub-marginales) à l’exception d’Andrena lagopus qui n’en possède que deux. Les mâles sont moins facilement discernables, ils ressemblent aux femelles et possèdent une assez grosse tête sans fovéas et un corps allongée.
Risques de confusion / genres proches
Les Andrènes peuvent être confondues avec les Melitta qui possèdent elles aussi trois cellules cubitales, mais sont généralement plus trapues, ne possèdent pas de flocculus ni de fovéas et dont la deuxième cellule cubitale est un peu plus étroite et les tarses postérieurs plus larges. Elles peuvent aussi être confondues avec certaines Halictidae, mais ces dernières ont la nervure basale coudée, elle est droite chez les Andrènes. Les Andrènes n’ont également pas le sillon longitudinale sur le T5-6 typique des Halictus, Seladonia et Lasioglossum.
Biologie / écologie
Période de vol
Genre majoritairement printanier, avec quelques espèces estivales. On en trouve de février à octobre. Certaines espèces font plusieurs générations.[6]
Milieux de prédilection
Les Andrènes fréquentent tout type de milieux, certaines espèces sont plutôt forestières, d’autres sont liée aux zones humides, aux pâturages de montagne ou encore aux garrigues méditerranéennes. Comme la plupart des abeilles, elles fréquentent néanmoins majoritairement les milieux ouverts et sont le plus diversifiées en Méditerranée.
Tendances alimentaires
Une part importante des espèces sont dites « oligolectiques » butinant exclusivement certaines familles de fleurs en particulier les Brassicacées (~20 espèces), les Astéracées (~13 espèces), les Fabacées (~10 espèces), les Salicacées (~10 espèces), les Apiacées (~8 espèces), les Cistacées (5 espèces), les Campanulacées (4 espèces), les Caprifoliacées (2 espèces), les Rosacées (2 espèces), les Borraginacées (2 espèces), les Géraniacées (2 espèces) etc[6]. D’autres sont elles clairement polylectiques en particulier les espèces bivoltines, et enfin le régime alimentaire de certaines espèces n’est pas encore bien connu.
Profil de nidification
Toutes les andrènes sont vraisemblablement terricoles et niche dans le sol, elles ont des exigences différentes, certaines espèces nécessitant un substrat sableux, du sol nu, d’autres peuvent nicher dans différents types de substrats et niveau de recouvrement de la végétation[6].
Degré de socialisation
Les Andrènes sont solitaires, mais certaines espèces sont dites « grégaires » et peuvent alors former des agrégations de plusieurs dizaines, centaines voir milliers d’individus.
Genre parasite
Les abeilles parasitant des Andrènes sont certaines Nomada, ainsi que certaines espèces de Sphecodes[6]. D’autres insectes sont connus pour s’attaquer aux Andrènes en tant que cleptoparasites ou bien en tant que parasitoïdes. Cela concerne en particulier certains Diptères Conopidae[7], Bombyliidae[8], Anthomyiidae[9] ou Phoridae[9], et certains Coléoptères Meloidae[10]. Enfin les Strepsiptères du genre Stylops sont des parasites spécifiques des Andrènes, s’insérant entre les segments abdominaux lors du développement des Andrènes et modifiant ainsi leur morphologie[11].
Menaces
Les menaces qui pèsent sur les Andrènes sont variées en fonction des espèces et de leur milieux de vie (Michez et al. 2026 : red list of bees https://data.europa.eu/doi/10.2779/521877)
Références citées
| N° | Année | Titre | Auteurs | Publication | Type | Taxons | Mots-clés | DOI | ISBN | Fichiers | Citation |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 ↩ | 2025 |
Mise à jour de la liste des abeill… |
Ropars L., Aubert M., Genoud D., L… | Osmia 13, p. 1-48 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 2 ↩ | 2023 |
The genus Andrena Fabricius, 1775… |
Wood T. J. | Journal of Hymenoptera Research 96, p. 241-484 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 3 ↩ | 2026 |
The genus Andrena Fabricius, 1775 … |
Wood T. J. | Journal of Hymenoptera Research 99, p. 249-604 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 4 ↩ | 2010 |
Apidae 6 |
Amiet F., Herrmann M., Müller A. &… | Ouvrage | Andrena - Melitturga - Panurginus - Panurgus | Clés de détermination | — | Copié | Copié | ||
| 5 ↩ | 2026 |
Navigating through the high specie… |
Barbier Chabot N., Carlier V. & Pe… | Apidologie 57 (5), p. 68 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 6 ↩ a b c d | 2025 |
BeeFunc, a comprehensive trait dat… |
Aubouin L., Genoud D., Givord-Coup… | Scientific Data 12 (1), p. 1302 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 7 ↩ | 2017 |
Conopidae (Diptera) |
Stuke J. H. | Ouvrage | — | — | Copié | — | Copié | ||
| 8 ↩ | 1997 |
The evolutionary pattern of host u… |
Yeates D. K. & Greathead D. | Biological Journal of the Linnean Society 60 (2), p. 149-185 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 9 ↩ a b | 2005 |
Satellite flies (Leucophora person… |
Polidori C., Scanni B., Scamoni E.… | Journal of Natural History 39 (29), p. 2745-2758 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 10 ↩ | 2004 |
Devasting effects of river floodin… |
Fellendorf M., Mohra C. & Paxton R… | Journal of Insect Conservation 8 (4), p. 311-312 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié | |
| 11 ↩ | 2023 |
Phylogenomic species delimitation … |
Lähteenaro M., Straka J., Forshage… | Systematic Entomology 49 (2), p. 294-313 | Article de revue scientifique | — | — | — | — | Copié |
Bibliographie associée
| Année | Titre | Auteurs | Publication | Type | Taxons | Mots-clés | DOI | ISBN | Fichiers | Citation |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2010 |
Apidae 6 |
Amiet F., Herrmann M., Müller A. &… | Ouvrage | Andrena - Melitturga - Panurginus - Panurgus | Clés de détermination | — | Copié | Copié |